lundi 2 janvier 2017

Introduction

Introduction
Ma vision du monde du kayak se nourrit de mes expériences. Elle n’engage que moi, ce document n’est donc pas une bible pouvant servir de référence mais de l’information qui mérite d'être partagée.
Que vous soyez d’accord où pas, ce sera pour vous l'occasion de décrire votre propre modèle de ce monde. Et, à moins que vous ne soyez en désaccord avec le principe, il vous sera ensuite tout aussi nécessaire qu'à moi de le faire partager.
Je l'ai fait pour vous tous, kayakistes en devenir ou pratiquants expérimentés qui souhaitent accompagner les débutants et soutenir ceux à qui la pratique fait peur. Il y a une place pour chacun car nous avons des façons différentes d'apprendre.
Je l'ai fait pour rendre accessible au plus grand nombre le kayak de mer mais aussi toutes les branches du « canoë kayak et disciplines associées ».
Je suis un « moniteur » d'expérience, que je veux partager, mais aussi faire avancer la réflexion, les techniques et les discussions.
Certaines informations sont très techniques, elles parleront directement aux moniteurs, un pratiquant expérimenté y trouvera de quoi forger sa vision du kayak, mais une personne qui apprend toute seule devrait aussi y trouver une aide. Dans tous les cas, la rédaction en a été choisie pour éveiller des réflexions qui doivent elles même générer de nouvelles réponses donc du progrès.
Et puis, c’est un livre de kayak, donc indispensable (!), mais comment l'utiliser ?
Si vous êtes plutôt du genre à essayer d'abord et étudier ensuite, mon plan va droit au but et se calque sur l'enchaînement des actions, sinon, rien ne vous empêche de le lire comme l'histoire d'une vie...
Mes photos sont toutes prises sur le vif, gage d'authenticité non de qualité artistique. Je les ai faites dans l’action et la glisse, pour la plupart dans des conditions d'encadrement de groupes, tout en assurant la sécurité.
Mes enfants me demandent :
- « Qu'est ce que tu fais encore sur l’ordinateur ? »
Et enchaînent :
-«c’est pour le kayak », ils en parlent de cette façon,d'une identité qui nous nourrit et que l'on doit nourrir pour quelle dure.
Je me rends compte alors que je le fais aussi pour moi. Formaliser le plus simplement possible, être simple et précis, c'est le métier de l’éducateur, du formateur, préciser sa pensée pour mieux expliquer, comprendre pour faire comprendre, partager pour progresser.
Beaucoup de prénoms sont cités, les intéressés se reconnaîtront, je souhaite juste les remercier d'avoir partagé ces moments d'action qui nous ont fait kayakistes et complices.

Préparation d'une sortie


Préparation d’une randonnée de 1 h à quelques jours

Quelles informations globales pour estimer la faisabilité de la sortie ?

Tout d’abord, le kayakiste doit connaître l’équipement de sécurité prévu par la législation et savoir l’utiliser. Il est également préférable de naviguer avec un, une, des amis.
Si vous êtes sur un nouveau lieu de randonnée, commencez par repérer les itinéraires. Pour cela, vous disposez aux éditions du canotier de plusieurs ouvrages de très grandes qualité. Pour la Bretagne, l’incontournable guide « kayak de mer, 60 itinéraires » de Véronique Olivier et Guy Lecointre est une mine d’informations, leur guide de la côte atlantique est à paraître en 2017. Dans la même édition, vous avez 50 randos en méditerranée (dont 12 en Corse) de Laurent Demai et Pascal Paoli.
Ce qui n’interdit pas de consulter les infos conjoncturelles disponibles à l’office du tourisme, la mairie, la capitainerie du port ou au le club de kayak le plus proche, à savoir : La météo et sa tendance, les marées, les zones de baignade, les zones protégées, polluées ou déconseillées, les dominances et l’orientation du vent, les lieux à visiter ou à observer. Pour la marée, « l’Almanach du marin breton » et toujours les résidants, notamment les pêcheurs, qui connaissent leur coin comme leur poche.
Reste à choisir le lieu d’embarquement, mais c’est devenu presque trop facile grâce au site collaboratif http://www.kayakalo.fr/ qui couvre presque tout le littoral français et même les grands fleuves touristiques, mais aussi une partie du littoral en Allemagne, Angleterre, Croatie, Écosse, Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Scandinavie et Groenland.
Une fois sur place, allez voir l’endroit d’où vous partirez pour prendre des repères visuels: pente de la berge, état de la mer. Pour avoir un premier avis, vous pourrez repérer à la jumelle le début du parcours projeté .
Si vous ne l’avez pas fait avant, sur une carte, vous tracez la route dont vous relevez les azimuts et repérez la force des courant, les abris. (Voir la partie « se repérer sur la carte » dans la suite.)

Naviguer à deux au minimum c’est important pour votre sécurité. Non seulement, vous mettrez en commun vos connaissances mais en plus, en cas de bain ou de difficulté, son aide vous sera appréciable.
Comment trouver un équipier ?
A l’heure du boulanger, recherchez sur les parkings les voitures chargées de kayaks.
Nombreux sont ceux qui ont des campings car, alors allez en soirée sur les aires à camping car près de la côte sauvage ou en face d’un beau paysage ou pas très loin d’une pancarte camping et feu interdit. Après un petit kir de nouveaux projets naîtront.
Il y a « des bourses à l’équipier »sur plusieurs forums, notamment www.kayakdemer.eu
Parfois même des sites généralistes comme www.onvasortir.com/ ont des initiatives en kayak de mer

Attention toutefois, si vous n’êtes pas très chevronné, sachez « jauger » vos interlocuteurs du jour. Il peut s’agir de complets débutants avec qui vous pouvez vous retrouver dans des galères totales, ou au contraire des champions que vous allez voir pendant les 5 premières minutes de votre parcours commun.

Dans ce cas, préférez l’association « CK /Mer » (Connaissance du Kayak de Mer) www.ckmer.org présente en Bretagne, à Marseille et même sur la côte catalane. Vous allez y trouver des bénévoles d’une incroyable disponibilité qui proposent des journées techniques, des rassemblements, des randos... En revanche, l’association n’a pas de matériel ni de locaux, donc vous devez théoriquement avoir votre matériel. En réalité, le prêt à titre personnel est monnaie courante, donc contactez, discutez, et vous verrez.

Vous pouvez aussi vous adresser aux professionnels, les guides de kayak de mer proposent du « sur mesure » depuis le kayak zen, jusqu’à l’apprentissage furieux pour des prix élevés mais justifiés. D’ailleurs, plusieurs ont aussi une activité bénévole à CK/Mer ou en fédération.

Enfin, il y a la FFCK. Même si la fédération française est plus préoccupée de compétition que de randonnée, de nombreux clubs du littoral proposent des formations Kmer de belle qualité. Adressez vous à n’importe quel club qui vous indiquera une bonne adresse près de chez vous.

Le besoin d’identité est présent aussi en kayak :
Chacun se définit par son activité. Le gars qui fait du polo n’est pas celui de la vitesse, pour l’autre c’est la mer car le kayak de mer a une âme, celle des Inuits, et ça c’est inouï !
En fait, l’esprit kayak est surtout celui du plein air, être avec soi-même dans un environnement simple, riche ,en interaction et être libre. On n’a rien à prouver aux autres quand on est bien avec soi et encore plus quand on le partage. C’est vrai que nous sommes tous des dieux, mais nous le sommes pour nous même. Voir « les 4 accords Toltèques » par Don Miguel Ruiz

Matériel de navigation conseillé
Au delà du matériel obligatoire, la liste est longue et tout ça peut devenir encombrant, alors le caractère indispensable sera décidé en fonction des enjeux de la sortie et de votre sensibilité.
Une pagaie de rechange
Si une rame de bateau de plage suffit pour le respect de la législation, il va de soi que ce n’est pas un super outil pour se déplacer. Il est donc conseillé d’avoir au moins une vraie pagaie de kayak démontable pour une dizaine de kayakistes.
La carte dans une poche en plastique (si vous ne connaissez pas.)
Des vêtements de rechange secs
Utile pour une personne qui en a vécu de belles, il faudra les stocker de façon à ce qu’ils restent secs.
Des vivres, protégés dans une boite en plastique
De l’eau, 2 à 3 litres par jour
Une écope et une éponge, pour vider le bateau.
De la Toile adhésive pour faire une réparation de fortune ou pour fermer une boite étanche ou pour tenir un couvercle, une trappe (avec de quoi essuyer, ça c’est un conseil cadeau)…
Une Boussole indispensable pour savoir où vous êtes et où vous allez.
Matériel supplémentaire, pour rattraper une sortie qui aurait mal tourné :
Une trousse à pharmacie. Si celle qui se trouve dans la voiture peut suffire pour une ballade d’une demi-journée, il sera préférable d’en prendre une plus adaptée dès que la durée de la sortie, le nombre de pratiquants augmentent et que les accès à la berge diminuent.
La trousse de secours devra contenir au moins une crème pour les brûlures légères (coup de soleil, échauffement de peau, ampoules…), une pommade pour les coups (coup de pagaie donné par un autre lors de la constitution d’un radeau par exemple), d’antiseptique, de compresses tissées (gaze), un adhésif de bricolage pour les coupures sur un coquillage par exemple. Si les pansements ont des difficultés à tenir dans l’eau, il suffit de mettre de la gaze avec un bon adhésif et il y a moins de problème. Quelques carrés de sucre pour les gros coups de barre ne sont pas facultatifs, de la pommade pour la brûlure de méduse.
Trousse de réparation : si un rouleau de toile adhésive est très efficace sur une cassure pour tout type de plastique, des colles époxyde en seringue ou en bâtonnet malléable sont pratiques pour le colmatage de fissures pour la plastique en composite : fibre de verre/ résine polyester, fibre de kevlar/Carbonne résine époxy. Si le risque de cassures plus importantes est envisageable, un kit résine sera nécessaire. Papier de verre, râpe, acétone, résine, tissus, gel, joint, peuvent être rangés dans une bouteille de plastique coupée en deux et refermée avec de l’adhésif.
De quoi se signaler, du sifflet à la corne de brume en passant par les feux de détresse et le miroir.
Une corde de remorquage
Une VHF, Un GPS
La VHF (+ 1 KW ?), interdite sur terre est bien pratique pour écouter la météo, envoyer des messages verbaux, des signaux de détresse.
Un anémomètre : Pour connaître la vitesse du vent. Peut être utile en rapprochant la mesure locale des prévisions météo, permet de savoir si l’on est localement plutôt dans une zone protégée ou exposée, ce qui peut être précieux pour décider de continuer ou faire demi-tour.
Le téléphone portable : Étanche ou dans une pochette, il complète la VHF car les zones de portée peuvent se compléter. Le 196 permet de joindre le CROSS.
Un GPS : C’est vous qui voyez en fonction de vos habitudes de navigation, ou pour vous rassurez, ou pour faire bien devant les autres.
Un Sonar : sans commentaire.

Préparer une Randonnée avec un bivouac

Les bateaux sont chargés.
Naviguer raisonnablement c’est autour de 4 h par jour, avec éventuellement du temps pour compenser les impondérables comme les coups de vent, les poses plus longues. Prévoir des moments de repos tous les 3 jours est une bonne idée mais cela peut être différent suivant certaines opportunités (visite, parcours très long avant ou après...).
La navigation avec la marée permet d’économiser ses forces, mais attention aux forts marnages car le portage sur l’estran peut être long à marée basse, voire impossible.
Si le camping sauvage est interdit, le bivouac sur la plage ne l’est pas mais le délit de vagabondage peut être envisagé ! Dormir sur une plage ce n’est pas simple. Si on veut de la tranquillité, soit on le fait hors saison, soit on se trouve une crique isolée, qui peut être un « petit » piège à la marée haute (sauf en méditerranée évidemment !), si non : on arrive tard, et on repart tôt. Parfois on pense que la tranquillité se trouve sur une île mais elles sont nombreuses à être privées. Si vous ne respectez pas le droit privé, l’accueil ne risque pas d’être le plus chaleureux, en plus certains qui y habitent ont des fusils, histoire de faire plus vrai.
Il ne faut pas hésiter à s’installer dans les campings. Bon ! D’autres prendront des chambres d’hôtes, à chacun à son sens de l’aventure et de la préparation car il faudra réserver. Dormir sans tente peut se finir arrosé ou rafraîchit par la rosée. Alors une protection imperméable au dessus du duvet est envisageable, un double toit de tente au dessus des sacs de couchage peut faire l’affaire mais l’installer avec les pagaies et des cordes de remorque pour l’élever plus haut peut prendre un moment. Il existe des housses pour sac de couchage mais ça mouille un peu par condensation. Une autre solution simple c’est de suspendre un tissu souple d’entourage de douche dont les œillets sont utiles.
Comment se nourrir : Si préparer un repas ne pose pas de problème en randonnée, ce sera plus le cas si le voyage a endommagé la nourriture. Les boites de conserve semblent plus adaptées, même pour les fines gueules. Si le temps est variable Patates, confit d’oie ça marche aussi ! Les conserves sont étanches, préparées, et il y a l’eau dedans. Il n’est pas forcement utile de partir avec des produits déshydratés sauf si vous êtes sûr de pouvoir faire de l’eau au bivouac. Prévoir 1,5 L par jour et par personne, strict minimum, le double s’il fait très chaud. Suivant l’autonomie exigée, la rando trouve ses limites car il faut de la place pour tout ranger, et de l’énergie pour propulser le bateau. Les fruits ou les légumes pourront être mis dans des boites en plastique pour qu’ils ne s’écrasent pas ou qu’ils aient goût de salé. Si les oranges peuvent être mises directement dans le bateau, les pêches et les tomates ne seront pas forcement une bonne idée à bord. Si des viandes conservées sous vide peuvent tenir une journée, (8° C grand maxi) il ne faudra pas les garder davantage. Certaines protéines peuvent être trouvées en dehors des boites de conserve et par exemple dans le poisson fumé comme le maquereau (bonjour l’odeur dans le caisson, mais c’est quand même bien avec des patates à l’eau), sinon il reste la levure de bière qui est au rayon bio. En congelant certains produits frais, cela peut vous procurer quelques plaisirs le soir même. Le lait en brique qui est un bon nutritif et bien conditionné peut en s’accommodant avec de la farine, de la semoule et du sucre faire une bouillie chaude. Si certains veulent faire comme Römer ou Bombard, boire l’eau de mer (ce n’est pas bon et dangereux) et pêcher pour manger alors l’aventure sera certainement plus risquée. Les pommes, les oranges, les bananes sont des vitamines emballées naturellement il faut juste en prendre soin. Les coquillages et crustacés peuvent améliorer le quotidien et surtout s’ils sont accompagnés de muscadet, en effet les bouteilles se rangent bien à chaque pointe du bateau et comme dirait l’autre en abuser nuit à la santé
Un réchaud peut suffire pour trois ou quatre mais un pour deux sera toujours plus commode et sécurisant. Il faudra les ranger en partie démontés dans une boite en plastique (corrosion).
Les boites doivent passer dans les trappes et pourront être complétées avec le sucre, les mouchoirs en papiers, les couverts, les allumettes...
Certains s’offrent une fantaisie dans la rando, alors ils prennent un truc rien que pour eux, doudou, baladeur MP 3 4 , console de jeux pour les plus jeunes, oreiller, matelas gonflable, pyjama, pour les plus grands D’autres prévoient une fantaisie pour le groupe, Le café bicyclette pour tout le monde ou une petite bouteille. En général, on se retrouve avec une bouteille par personne car chacun à cette bonne intention!
Nb Café bicyclette signifie : Café de l’espoir, c’est le café de Steph le randonneur en vélo qui est sous la pluie avec le moral dans les chaussettes trempées. C’est alors qu’il s’arrête pour faire son breuvage, il associe sucre, eau chaude, et une poudre de café médiocre afin de trouver une lueur de réchauffement.
Les feux de bois. Si le feu est un symbole de liberté, de vie baba cool, de convivialité, de retour à la nature et donc un moment important, il est formellement interdit d’en faire la nuit au bord de la mer. Si la lumière peut attirer les papillons elle attire aussi les bateaux qui prennent le feu pour un phare ou un bateau en feu donc en détresse (qui à besoin d’aide). Sur certains sites protégés ou sous surveillance douanière, il attire surtout les ennuis. Si le feu est éteint avant la nuit, il ne faudra pas oublier que les traces d’un feu restent longtemps sur le sable, et ce témoin de notre passage sera mal partagé par les autres utilisateurs du site. Je ne vous parle pas du problème en cas de propagation. De toute façon vous n’avez pas de guitare !
Le rangement dans le kayak : Après avoir regroupé les vêtements secs pour le soir, les repas, le réchaud, le duvet, le tapis de sol, la toile de tente selon le cas et le conditionnement, il faudra passer au rangement dans le bateau et c’est un moment important. La première fois cela peut prendre 2 heures mais si les trappes du bateau sont petites moins de 20 cm de diamètre se sera encore plus long car il faudra faire que des petits paquets.
Premier cas : le paquetage se fait à l’extérieur du bateau, alors chaque paquet sera en sacs étanches qui seront logés par la suite. Il faudra fourrer en bouchon le duvet dans un sac étanche d’un diamètre inférieur à la trappe. Pour les vêtements, il faudra les poser à plat sur la serviette de toilette et les rouler pour faire un boudin long et étroit. Après l’avoir ficelé il faudra l’enfiler dans un sac étanche. Avant de fermer le sac étanche, il faut faire le vide d’air dedans en l’écrasant bien entre les cuisses par exemple, ainsi il sera moins volumineux. Les chaussures sèches auront aussi leur sac étanche mais avant il faudra les mettre dans un sac sans grande valeur de protection car les attaches pourraient percer et souiller le sac étanche.
Deuxième cas : Quand les trappes sont petites, il faudra enfiler le sac étanche presque vide dans le caisson et le remplir dans cette position. Les bateaux modernes ne présentent plus cet inconvénient, ils ont de grandes trappes ovales... rarement étanches !
Si l’on trouve facilement des sacs étanches aujourd’hui, on peut aussi les confectionner. Alors à vos aiguilles !


Il faut un sac en toile de nylon par exemple faisant 70 Cm de long environ et 25 à 30 cm de diamètre donc 80 cm mini de périmètre. Ajouter un sac poubelle à l’intérieur de 100 L comme les noirs qui sont plus solides ou un sac poubelle de jardinage. Pour les fermer un élastique suffira mais avant il faudra faire un tortillions avec l’extrémité et le rabattre sur lui même.
Le chargement judicieux devra permettre au bateau de rester équilibré et dans ses lignes. Le plus lourd comme la bouffe sera placé plutôt dans le caisson arrière juste derrière la cloison et au plus bas. Puis cela pourra être calé avec les gamelles et les boites en plastique, et les chaussures au dessus. Vers l’arrière on peut mettre La tente ou un bout de tente qui aura été partagé avec un équipier. A l’avant on mettra le tapis de sol, les vêtements et les bricoles

Remarque : Tous ces équipements sont ils vitaux ? A nous d’estimer s’ils sont tous nécessaires dans une pratique normale. Un élément indispensable en conditions difficiles, est il nécessaire dans les tous les cas ? L’aventure commence quand nous devons nous passer d’un outil absent.
Remarque : Les Anglais ont su développer du matériel de sécurité individuel comme le paddel float, qui permet à un kayakiste entraîné de remonter seul dans son kayak après un dessalage, ce qui a permis à certains de développer leur pratique en solitaire. Pratique extrême que l’on ne considère pas forcément comme normale.
Si vous considérez que ce dispositif peut être utile pour un responsable de groupe, je peux dire que ce n’est pas un responsable très sûr car il devrait savoir remonter dans son bateau sans ce matériel supplémentaire...

Programme, à prévoir en plus : Prévoyez tous les 5 jours une journée de repos en profitant par exemple d’une intempérie. Dans le kayak il n’y a pas que le kayak, laissez vous aller au bronzage sur plage solitaire, à la visite des environs, la rando pédestre, la plongée (masque /tuba et palme), l’escalade, les rencontres avec les bêtes et les Hommes et d’autres trucs font partie du périple. Votre embarcation est aussi un moyen de locomotion qui vous permet la découverte.

Le kayak de mer en randonnée et les kayakistes.
Certains font le choix de randonner en solitaire. Ils ont peut être une disposition à rechercher ou accepter la solitude, mais pas uniquement. En effet, être seul c’est ne rien partager des émotions olfactives, visuelles, sonores.
Être seul, c’est vivre des émotions sans être parasité au moment suprême.
Être seul, c’est tout assumer , faire ses choix seul au risque de se tromper et les assumer.
Le solitaire doit limiter les prises de risques donc passer à côté de certaines choses
Le solitaire revis souvent les mêmes choses car il n’est pas accompagné de d’autre qui voit et montre autre choses.
D’autres randonnent en groupe,pour bénéficier de l’expérience des autres ou ils ont besoin de soutien, ce qui est souvent le cas en club.
D’autres ont la flemme ou pas le temps de préparer leur rando. Mais préparer une rando c’est aussi vivre des moments de choix avec les autres, des échanges, le partage d‘informations, c’est commencer à vivre la rando avant même son début et donc d’entretenir le rêve du randonneur.
En général, les randonneurs d’expérience ont compris que le grand rêve est une affaire personnelle qui se vit avec les autres. L’engagement sur l’eau est tel que le plaisir personnel est là en plus de tous les plaisirs partagés pour pratiquer encore et encore le kayak. Les clubs peuvent être le siège de ces partages d’émotions de souvenirs, et de savoirs.
La santé du kayakiste : Les projets ambitieux exigent une bonne santé mais l’exercice physique régulier est un gage de santé. Les projets très exigeants seront à faire quant le corps est jeune au risque de regrets en vieillissant, mais la pratique du kayak de mer peut être poursuivie très tard, même si la forme est moins présente quand il faut tirer sur le manche dans un coup de vent. Il faudra alors compter sur d’autres ressources, notamment un jeune sportif qui se fera un plaisir d’un petit remorquage, puis raccourcir éventuellement l’itinéraire… Si en randonnée le rythme est plutôt tranquille il est préférable de prévoir pour les moins sportifs 24 h de repos complet tout les 72 h, ce qui idéal pour ramasser des coquillages ou boire du thé sur la plage.

Le programme : Il est préférable de tenir un petit carnet de bord, pour savoir si l’on est dans les temps. Il faut y avoir noté les marées et les distances prévues, les lieux de débarquement envisagés, les adresses et N° de tel des lieux d’accueil, les options, mais aussi les lieux à visiter ou incontournables. Dans le cas ou les variations de hauteurs d’eau sont importantes il vaut mieux calculer les heures favorables pour embarquer ou débarquer. Et la météo, bien sûr.
Choisir son emplacement, planter et déplanter la tente prennent du temps et de l’énergie, rien ne sert de débarquer à bout de force et trop tard.
Attention aux temps de chargement du bateau le matin. Quand tout est étalé sur le camp et qu’il faut tout ranger en sacs ou boites étanches puis les mettre avec soin dans les soutes pour ne rien déchirer ou écraser. Avec l’habitude en 30 min l’installation d’un bivouac est remise en soute.
Enfin, les impondérables vont se charger de dégrader votre bel emploi du temps, donc mieux vaut leur laisser une place dès le départ :
  • L’humeur des copains.
  • L’embarquement dans le port de Paimpol le week-end du festival des chants de marin
  • Les embouteillages sur la route
  • Le sens de circulation sur le parking des plages.
  • Trouver un lavomatique pour le séchage du linge car il a plu trois jours de suite.
  • Extraire la carte de navigation coincée entre la poignée du frein à main et le siège
  • Le chargement du téléphone ou de la VHF oubliés la veille.
  • Les cochons sauvages ont mangé les rations
  • Panne d’oreiller, la mer est à 1 km
  • Plus d’eau potable, la première maison est à 2 km

Conclusion : Voilà, moyennant « un peu » d’organisation et de logistique, il est possible de renouer pour quelques jours avec le rythme lent de la vie nomade et tribale à quelques encablures de notre société surexcitée.

Annexe :
Un exemple de fiche de relevés

Paimpol
Samedi
Dimanche
Lundi

matin
Après midi
matin
Après midi
matin
Après midi
Coef
79

74

67

BM

15h50

16h29

17h13
PM
09h15

09h54

10h35

Hauteur
10,23m
2,02m
9,95m
2,28m
9,59m
2,62m
Etat de la mer
belle
calme
belle
peu agitée
agitée
forte
Vent
1BF
1 BF
2BF
3à 4BF
4BF
6BF
Rafales


3 BF

5 BF
9BF
Ensoleillement
Brume
Beau
Couvert
Couvert
Pluies éparses
Pluie
Remarques :
Inutile de relever les marées de nuit !
Dans cet exemple, en fonction du groupe, on pourra décider :
  • Changer le lieu de bivouac du samedi soir pour faire les 3 journées en 2, dormir à l'arrivée le dimanche soir et faire une petite balade en boucle le lundi matin tôt.
  • Changer les deux lieux de bivouac et garder une dernière étape très courte pour le lundi matin.
  • Raccourcir le parcours, donc placer un véhicule à proximité du lieu de bivouac du dimanche soir.



Petite histoire du jour

Petite histoire du jour

Tout le monde sait que les kayaks, ça descend directement des eskimos donc, comme nous ne les connaissons pas, voici quelques détails de leur vie.
Si Paul Émile Victor à fait rêver toute une génération d’hommes, les autres ne connaissent rien aux eskimos. Alors je m’en vais donc raconter leur vie, eux qui vivent en igloo, dans un village sur la banquise tourné vers la mer. D’ailleurs si les igloos avaient des fenêtres les volets seraient peints en rouge pour que les hommes retrouvent plus vite le bord et leur foyer.
L’histoire que je vais vous raconter est celle d’un petit eskimo qui s’appelle Mikko, Mikko le petit esquimau glacé a 13 ans. Il habite avec sa famille sur la banquise dans un groupe bien organisé. Un jour son père, dit :
- « Mikko il est tend que tu deviennes un vrai chasseur alors demain tu vas venir à la chasse à la baleine ».
Mikko, ravi, attendait ce moment depuis longtemps. Il part préparer son équipement avec enthousiasme. Affûtant ses harpons, vérifiant le gonflage de ses vessies, il révise les consignes dictées par les autres.
Le lendemain à l’aurore il met son kayak à l’eau avec les autres chasseurs puis attendent les derniers.
Hélas le chef traînant au chaud dans son igloo, tous commencent à avoir froid. Dans l’attente un chasseur un peu en manque d’action propose aux autres de faire une partie de bébé phoque. Tous d’accord, deux équipes se constituent et choisissent chacune un bloc de glace en guise de but à atteindre, l’engagement se fait le bébé phoque passe et repasse, drible et se retrouve sur l’un des blocs de glace ce qui permet à une équipe de marquer un point. Au second engagement, Mikko se fait éperonner et coule, alors la partie est finie pour lui et plus grave, la chasse aussi.
Nourriture oblige, Mikko se retrouve à aller pêcher à pied sur la banquise muni d’un fil, d’un hameçon, de l’appât, et d’une masse. Errant sur la glace pour faire une bonne pêche, il choisit un endroit ou il prévoit de faire un trou. Masse en main, il prépare son élan et à ce moment là une voix lui dit
-« oh, il n’y a pas de poisson ici ! »
Bon notre petit héros repart en garçon discipliné et se prépare à faire un trou un peu plus loin alors, à ce moment là, la voix lui dit
-« oh, il n’y a pas de poisson ici ! »
Notre petit héros obéissant repart pour faire un trou encore un peu plus loin alors à ce moment là une voix lui dit
« oh, il n’y a pas de poisson ici ! ».
Notre petit esquimau glacé reprenant le chemin sagement mais agacé et se prépare à faire son trou mais encore une fois la voix lui dit
« oh, il n’y a pas de poisson ici ! »
Cette fois ci Mikko décide d’interroger la voix car celle-ci commencent à le déranger :
« Mais qui me dit ça » et la voix répond :
« - C’est le directeur de la patinoire ! ».

Premiers repères

Prendre des repères
Introduction
Les informations de connaissance générale, plutôt livresques, sont directement attachées à des théories, des lois que l’on nous demande d’admettre. Considérées comme indigestes par nombre d’entre nous, elles amènent certains à penser que les connaître ne sert a rien ce qui peut entraîner des expériences malheureuses car elles révèlent des informations précieuses pour adapter nos comportements.
Les informations présentées dans le chapitre « Repères pour naviguer » sont tournées vers le milieu et le kayakiste.
Elles sont présentées par thèmes :

Premiers repères
Climatologie
État de la mer
Localisation
Les vagues
Les courants
Vents et autres éléments du milieu
Repères personnels

Mais elles peuvent aussi être mobilisées dans trois registres, situés différemment dans le temps : bien avant, juste avant et dans l’instant de l’action.
Les informations de connaissances générales pourront être l’illustration d’informations prises avant la sortie. Il est possible de dire qu’elles sont éventuellement reconnues comme postulat ou théorie et qu’elles ont un caractère invariant. Le plus souvent ce sont des connaissances indépendantes du milieu ayant un caractère absolu connu ou reconnu car elles sont a priori exactes.
Les informations de connaissances spécifiques peuvent être des informations générales mais variables, elles sont récoltées juste avant la sortie ou juste avant le moment d’en avoir besoin. Elles servent de lieu, de cadre à la sortie et elles demandent d’être affinées sur place. Leur caractère changeant amène parfois à ce que l’information renvoie à plusieurs réponses et un choix doit être fait. Certains d’entre eux peuvent être anticipés (Ici, il ne fait pas très beau, alors on y va ou pas ?).
Les informations de connaissances instantanées peuvent être des informations qui par leur caractère soudain demandent d’agir de suite, elles sont souvent proprioceptives (toucher, équilibre, température...). Elles sont le plus souvent rendues apparentes puis identifiées comme indispensables quand elles sont rapprochées à des connaissances générales ou spécifiques. C’est souvent face à celles-ci que l’on acquiert de l’expérience pour les traiter de façon spécifique.

Comme aurait dit Gilles... il n’est pas possible il a toujours quelques choses à dire celui là ! (PSss ! c’était l’un de mes premiers encadrant, le seul diplômé il me semble).

Premiers repères
La réglementation maritime.
Il faut savoir qu’il existe des permis de conduire différents en fonction des catégories de bateaux, il n’y en a pas pour le kayak. Le code maritime est très complet mais de nombreux textes sont inadaptés au kayak de mer. Il ne peut donc être l’unique point d’appui pour naviguer. A l’échelle du kayak il faudra surtout utiliser son bon sens. Par exemple en se rappelant qu’en général, les plus petits ont tord car les gros sont moins manœuvrant, ont plus de difficulté à quitter leur route. Donc il vaut mieux se ranger et leur faire un sourire. Le reste du sujet sera dans le chapitre de la sécurité.
Remarque : Le permis n’est pas obligatoire pour le kayak de mer mais il est fortement recommandé de connaître le code de signalisation comme les couleurs rouge et verte qui indiquent un chenal de navigation formé par les deux lignes de couleur. Il faut aussi être capable de reconnaître et d’identifier le matériel de signalisation. En effet, un fanion pour casier de crustacé n’est pas une balise cardinale.
Quelques exemples :

La couleur rouge bien visible sur l’eau appelle la couleur verte de l’autre côté du chenal, assimilable à une voie de circulation à double sens, à l’intérieur duquel il vaut mieux tenir sa droite (dans les eaux anglaises il faut tenir la gauche). Dans le sens entrant (au port ou en partie maritime d’une rivière) les balises bâbord sont rouges et cylindriques, les balises tribord sont vertes et coniques. Petite expression mnémotechnique pour le débutant : « BaCyRouge et TriCoVert » ou « Bassine rouge » ou « tricot vert »
 

Si les repères sont jaunes et noirs alors ce sont des indications cardinales. Elles vont signaler que sur la zone de navigation il y a un obstacle qui peut dérouter de façon ponctuelle la navigation. A marée basse le contournement est plus long !
Si les indications de vitesse sont en nœuds sur l’eau salée, elles sont en kilomètres par heure sur l’eau douce ; cela n’est pas très important pour le kayakiste dont la vitesse du bateau est bien en dessous de tout ça.

Remarque : Plus la navigation s’approche de zones fréquentées par d’autres usagers, plus la signalisation est dense. Les plages ont souvent des surfaces réservées aux nageurs et parfois aux surfeurs. Dans ce cas un chenal de navigation leur sera réservé. En ce qui concerne l’embarquement et le débarquement des bateaux sur les plages, un chenal spécifique leur est aussi réservé. Dans le cas où l’espace est aménagé et compartimenté pour séparer les pratiques de loisirs de bord de mer, un plan est affiché sur les accès terrestres de la plage et souvent des panneaux indiquent les zones respectives.


Dans le cas contraire, il faut repérer les bouées différentes parmi les bouées jaunes. Ces dernières forment les angles entre chacune des zones sachant que les moins larges sont le plus souvent les chenaux de circulation.
Aux abords des ports, de nombreuses indications sont visibles : certaines indiquant la navigation par alignement (se reporter à la carte marine de la zone), d’autres indiquant les zones de stationnement, de circulation et de croisement de chenal.

Dans les rivières, il est aussi possible de rencontrer des panneaux codés pour indiquer des interdictions ou des sens de circulation, ou encore pour contourner une zone peu profonde ou de petite hauteur comme sous les ponts. Sachant que la pratique normale se fait de jour et près des côtes, il n’est pas très important de connaître les correspondances des signalisations lumineuses.

Réglementation et kayak de mer
Pour ceux qui ne lisent pas le journal officiel au petit déjeuner voici un aperçu de la réglementation dite « division 240 » qui régit nos embarcations.
Jusqu’à 300 mètres du rivage, pas de règlementation, ce qui n’est pas une raison pour se croire en sécurité.
Au delà, le champ d’action est limité par la distance à un abri, en aucun cas plus de 6 miles, et le matériel de sécurité embarqué.
Les kayaks doivent répondre à des critères de dimensions et de flottabilité, qui sont certifiées par le constructeur (y compris les auto constructeurs) pour l’établissement aux affaires maritimes de la carte de navigation obligatoire.
Voir le chapitre sécurité pour plus de détails.
Remarques:
Concernant la pratique en club, la FFCK édite son propre règlement intérieur.
Pour les enfants en séjour collectif organisé, des règles strictes sont prévues et il faut s’informer auprès de la direction régionale de la jeunesse, des sports et du temps libre

Climatologie

Notions climatologiques
Le globe terrestre est régi par de nombreux phénomènes et les thèmes qui nous intéressent sont plutôt tournés vers le climat et la météorologie, des courants d’air et des mouvements de la mer, donc des marées et des courants de mer.

Les phénomènes de convection.

Il faut savoir que lorsqu’une grande surface d'eau chauffe, un phénomène d’évaporation se met en place générant un courant ascendant d’air chaud et humide. L’air ascendant refroidit au fur et à mesure de sa montée, jusqu’à ce que la température atteigne le point de rosée, et c’est alors que le nuage se forme. Ce phénomène de déplacement d’air vers le haut ou convergence/divergence est, d’un point de vue mécanique, le même principe que celui d’un aspirateur de maison. Quant le tube aspire l’air, celui-ci converge vers le haut. Mais autour de l’entrée du tube, l’air environnant converge vers le centre d’aspiration. Alors les poussières aux environs du tube se font aspirer comme celles qui sont au-dessous du tube. Dessin
Phénomène de convection à l’échelle du globe Ce phénomène qui peut être purement local prend aussi une dimension à l’échelle du globe pour les premières étapes de la formation de l’atmosphère. L’étape suivante consiste à associer ce courant d’air ascendant à la rotation de la Terre, ce qui va par friction faire tourner les masses d’air constituant l’atmosphère. Dans l’hémisphère Nord (pour la France) les dépressions vont tourner dans le sens contraire des aiguilles d’une montre avec l’effet ascendant et les anticyclones vont tourner dans le sens des aiguilles d’une montre avec l’effet subsidient.

Par ailleurs la formation des anticyclones et dépressions n’est pas vraiment due à la convection, même si cela reste lié, mais plutôt aux cellules de Ferrel et Hadley et à la cellule polaire. Voici un lien internet qui l’explique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Circulation_atmosphérique )

Le vent : Si le vent est un point important de la météo, il est essentiel pour la mer et la pratique du kayak en mer car il va fortement l’influencer. Le vent est un déplacement d’air et sa « force » s’exprime en km/h ou en degrés de Beaufort (Bf), sachant qu’un écart de valeur de 1 BF de vent est de l’ordre de 1 à 5 km/h. La vitesse du vent s’exprime aussi en nœuds (Kt) qui sont des milles par heures (1 mille = 1852 m). En correspondance, 1BF de vent = 1 à 3 Kt. Mais attention, l’échelle n’étant pas stable cela va jouer sur chacun des degrés (voir tableau)
- Classé sur l'échelle de Beaufort de 0 à 12, il se mesure avec un anémomètre.
Si les écarts sont modestes sur les petits degrés par « petit temps », les écarts deviennent plus importants quand « le vent forcit ». Naviguer par force 3 Bf équivaudra un certain jour à 12 km/h de vent mais un autre jour cela équivaudra à 19 km/h, ce qui est totalement différent. Par force 4, même si on est seulement un cran au dessus de force 3, l’écart grandit encore. En effet, 4 BF indiquent une vitesse entre 20 et 29 km/h de vent, soit plus du double entre le mini de l’un et le maxi de l’autre. Quand un bulletin météo annonce: vent force 3 BF Forcissant à 4 / 5 BF,, il peut alors passer de 12 à 38 km/h, c'est du sérieux. « Le vent qui souffle de partout accorde son biniou, il ne sait pas faire beaucoup de refrain mais ils sont tous marins » (chant de marin traditionnel)

Notions Météo
Environnement. Si c’est un métier assisté par les plus gros calculateurs, qui ne sont eux-mêmes pas fiables à 100%, alors ce n’est pas un kayakiste du dimanche qui va être plus fort. Si certains vieux sont capables d'avoir un avis sur ce qui se passe au-dessus de leur maison, la description des nuages reste réservée à ceux qui sont affûtés. A tout le moins convient-il de demander le bulletin local de météo France. Si des choix peuvent être faits pour naviguer en minimisant les risques, alors l’été est une bonne idée en général mais aussi l’hiver. Pour ce qui concerne l’automne et le printemps il vaut mieux éviter les périodes de grosse marée, la dame faisant parfois des caprices à cette période.
Modes opératoires : les bulletins météo se trouvent évidemment à la radio, dans les journaux hebdomadaires et quotidiens, à la capitainerie du port, à la mairie, au bureau des surveillants de baignade, à l’office du tourisme ou par téléphone au 08 36 68 08 + N° du département concerné (44 pour la Loire-Atlantique) ou par VHF et sur internet donc dans votre poche.
Observation : Dans tous les cas, il est préférable de prévoir de quoi prendre des notes pour les bulletins enregistrés. Une fiche type peut vous aider (voir préparation d’une sortie).
Un bulletin va donner un avis puis une tendance. C'est-à-dire qu’il va expliquer le début du film que vous avez raté et va tenter de faire un résumé car il a déjà croisé ce genre de scénario.
Un avis : de beau temps, de mauvais temps, de coup de vent, de passage nuageux, d’orageux

Les tendances

-S'il est important de prendre la météo du moment, il faut avant tout connaître la tendance, ce sera un avis et en aucun cas une vérité. Donc il faut vérifier de façon approfondie avant de partir. La tendance va inclure dans les informations la valeur du vent comme les pressions atmosphériques. Celles-ci sont les mesures des régimes météorologiques et elles définissent le relief de la carte météo. Dessinées sous forme de lignes appelées isobares, leurs cotes de pression sont en Millibars. 1015 mb est la pression moyenne, la plus haute pression relevée a été 1080 mb alors que 867 mb à été la plus basse et c'est le signe d'un vraiment sale temps. Avec le temps les cartes météo sont vulgarisées et on voit plus un hexagone avec des petits soleils qu’avec des lignes patatoïdes.
- D’ailleurs dans le cas où un coup de vent est annoncé le soir de la sortie, il est possible qu’il survienne plus tôt et cela pourrait être ennuyeux sur l'eau. Si parfois le coup de vent n’est pas apparu alors que la sortie à été suspendue, il ne faut rien regretter (Mieux vaut prévenir que guérir !).
La tendance anticyclonique. C'est qu'il devrait faire beau. L'anticyclone est une espèce de colline de courant d'air qui se forme autour de son centre qui est en haute pression et dont les cotes de pressions décroissent vers la périphérie. Le vent est plutôt faible et au centre c'est le calme plat. En général le beau temps, est là. Dans un anticyclone situé dans l’hémisphère boréal, le vent tourne dans le sens des aiguilles d'une montre et la pression varie entre 1020 en périphérie et 1050 hectopascals au centre.
La tendance dépressionnaire
C'est le signe de nuages ou de mauvais temps, une dépression est dans les environs. Analogue à un entonnoir, elle se forme autour d'un centre de basses pressions, les cotes augmentant du centre vers la périphérie. Dans l'hémisphère boréal, le vent tourne autour d'une dépression dans le sens inverse de celui des aiguilles d'une montre et la pression varie entre 955 (au centre) et 1010 hectopascals en périphérie.
Le marais barométrique est une vaste zone de cote moyenne oscillant autour de 1010 à 1015 hectopascals, le vent y est variable mais plutôt faible ou nul sauf en été et par avis d'orages. De fortes rafales sont alors possibles. C’est souvent là que les météorologues ne sont pas précis. Il faut donc être vigilant, il y en a qui n’ont pas trouvé ça drôle!
La tendance est à l'orage, Entre mai et septembre, des périodes assez instables, des changements de temps peuvent être très soudains et entraîner de fortes rafales de vent associées à de la pluie voire de la grêle. Il n’y a rien de tel pour transformer une place de marché pleine de nonchalance en un truc plein de désolation alors c’est une affaire à suivre avec intérêt .
L’anémomètre ne sert pas à mesurer en mètres les années mais le vent. Le marché de la consommation va nous dire que c’est indispensable !
Si le vent est lui aussi un truc important, la pratique du kayak de mer nous révèle que les pratiquants savent en général quant ils peuvent aller sur l’eau… L’été – ça tombe bien ! On n’a que ça à faire, c’est les vacances !- Ainsi sont les choses ! - Ceux qui ne sont pas d’accord avec ça sont moins nombreux car ils vivent le kayak plus souvent avec d’autres, dans les clubs….
L’océan et ses vagues d’estuaire ou d’embouchure


Etat de la mer Les bulletins désignent la hauteur de la houle au large celle-ci étant relativement constante mais c’est là où l’on ne va pas très souvent. Si ce renseignement est précieux pour les marins pêcheurs, le kayakiste pourra prendre l’information plus comme une première information relative ou d’approche. Ce n’est pas vraiment une valeur qui permettra de comprendre se qui se passera s’il on va sur l’eau. Près des côtes il y a autant de hauteurs d’eau possibles qu’il y a de forme et d’orientation de côtes ou de fonds. Ces derniers transforment la houle alors l’appréciation du kayakiste se fera surtout sur place.

L’échelle de hauteur des vagues comprend 9 degrés
- Le 0, c’est mer calme, les vagues font 0 m donc la surface est miroir et c’est, « - Oh ! C’est pétole mole ! »)
- Le 1, la mer est ridée, les vagues font entre 0 et 0,1 m donc la surface est ridée alors c’est : « - Oh ! C’est pétole »
- le 2 c’est mer belle alors elles font de 0,1 à 0,5 m, la surface est couverte de vaguelettes qui ne déferlent pas alors c’est « – Tiens ! Y’ a des vagues !»
- Le 3 c’est mer peu agitée, elles font entre 0,5 m et 1,25 m donc la surface est couverte de vagues et de nombreux moutons apparaissent alors c’est « – Ceux qui veulent venir se préparent mais on ne va pas très loin car ça va être sport! » les moins de 35 kg feront du Beach volley !
- Le 4 c’est mer agitée, les vagues font entre 1,25 à 2, 5 m, la surface à des vagues dites modérées avec des crêtes blanches et des embruns apparaissent. La sortie sera réservée de préférence aux experts ou à des moins expérimentés accompagnés de personnes compétentes. Le cadre de sécurité sera le plus rigoureux.
- Pour les 5, 6,7, 8, voir le guide de codification météorologique. « - Alors bon ! Comme la mer à bu un coup de trop, elle qui boit que de l’eau et quelle saute à tord et à travers la chemise à l’envers, on va plutôt voir si Loïc veut pas nous faire un kick a farce. »
- Le 9, il parait que la visibilité est réduite entre autre par des vagues de plus de 14 m alors « - Circulez, il n’y a rien à voir !)


PS - Trop lire la météo c’est rester au bistrot ! (c’est de quelqu’un d’autre !)

Etat de la mer

Environnement : La mer comme les autres grands éléments qui constituent la Terre, renferme encore beaucoup d’énigmes même si quelques connaissances nous permettent plus ou moins de la comprendre.
Bon, c’est plein d’eau, il y a du sel, des poissons, des vagues, du courant plus des choses qu’on ne voit pas et d’autres franchement cachées. Parfois elle n'est plus là et après elle revient… Des histoires à faire pâlir tout le monde rodent sur son dôme. Et oui ! Elle est ronde ! Constamment en mouvement, du fait de la pression atmosphérique, de la rotation de la Terre, de l’attraction conjuguée des astres, de la température ou des différences de température, de la profondeur de l’eau, voire des mouvements de plaques tectoniques.
Sont distinguées les mers larges et ouvertes qui sont peu influencées par la géographie et les mers fermées qui subissent facilement les conséquences de facteurs locaux.

Lecture de certains mouvements d'eau, un océan et sa marée :
Assis au bord d’ une pataugeoire barbotez avec les pieds dans l'eau,(réservé à ceux qui savent nager, nostalgique n’est-ce pas ?), ou en étant debout sautez dans l'eau avec l’intention de faire un gros plouf. Chaque fois que vous écrasez l'eau, il y a des vagues qui naissent autour de votre appui et ces vagues se propagent en cercles vers l'extérieur. Si on regarde bien on voit au départ que les vagues, sont proches et courtes, et qu’au fur et à mesure qu’elles s’éloignent de leur source, elles deviennent plus amples puis éclaboussent le bord. Et voilà, vous avez reproduit la propagation de l’onde de marée. Ce que l’on voit moins, c’est que quand les vagues arrivent vers le bord elles ralentissent et deviennent encore plus creuses. Sans compter qu’à l’échelle d’un océan il se passe des choses liées au relief des fonds, aux courants et à la rotation de la terre, à la pression atmosphérique
Présentation vulgarisée du phénomène de marée:
Le niveau de l’océan varie sous l’effet des forces d’interactions gravitationnelles Terre, Lune, Soleil. Depuis Isaac Newton, nous savons que chaque molécule d’eau est attirée par les trois, proportionnellement à la masse de chaque astre et de façon inversement proportionnelle au carré de sa distance. Concrètement, cela forme des bosses et des creux à la surface des océans qui sont les points de départ d’ondes de propagation, les marées, aussi nommées ondes longues de gravité. Très sommairement, les marées seront fortes quand les trois astres sont alignés (syzygie, vives eaux) et plus faibles quant la lune et le soleil forment un angle droit par rapport à la terre (quadrature, mortes eaux). Mais du fait du mouvement des astres, la marée observée à un endroit donné est le résultat de multiples composantes appelées harmoniques, il existe même des points de l’océan, dits «amphidromiques», où la marée est quasi nulle.
On appelle marnage la différence de hauteur entre le sommet et le creux de l’onde.
En un mot, si vous envisagez de naviguer à Tahiti (quelques cm de marnage), vous pouvez sauter ce chapitre, si vous préférez la baie du mont Saint Michel, il faudra être plus attentif (marnage : 14 m).
Quand la mer est basse sur les côtes bretonnes, elle l’est aussi sur les cotes d’en face. Néanmoins, par rapport aux 14m du Mont saint Michel , aux Caraïbes on n’aura qu’ 1 mètre de marnage.
Mieux, en Bretagne on relève deux marées par jour, une seule en extrême Orient et une périodicité mixte en mer d’Arabie selon que les composantes principales sont lunaire, solaire ou mixte.
L’eau en plein océan se soulève sans se déplacer horizontalement, ce qui influence donc peu la navigation, en revanche, en arrivant sur la côte l’onde se trouve tassée par les fonds qui remontent et irrégulièrement freinée par la présence de reliefs, alors elle devient plus haute et ralentit.
La plus grande hauteur d’eau sur la rivage à marée haute matérialise le sommet de l’onde, le creux est représenté par la marée basse.
Le niveau moyen en un lieu donné est à peu près constant, quelle que soit l’amplitude de la marée.
Remarques :
L’analyse des marées va tenir compte de plus de 25 paramètres. Auxquels vont s’ajouter, entre autres, des facteurs géographiques qui vont augmenter ou ralentir sa progression. Elle devient alors particulièrement compliquée à comprendre et à résoudre.
Le rythme des marées en Atlantique est fortement lunaire, en associant un annuaire des marées avec un annuaire lunaire, il est facile d’observer que la Lune est proche de la terre environ trois jours avant la grande marée. Par conséquent, on peut considérer qu’il faut environ trois jours pour que l’influence de la Lune se répercute sur nos côtes, et donc l’onde de marée arrive sur la France environ trois jours après sa naissance.
L’annuaire lunaire est présent sur la plupart des calendriers mais l’annuaire du jardinier est vraiment représentatif.
Si cette vision globale n’est pas bien utile pour faire son petit tour de kayak, cela permet au moins de comprendre que l’efficacité d’un modèle est très dépendante du lieu où l’on se trouve... Plus on en sait, moins on en sait !
Application au kayak :
Heureusement, nous n’avons pas à calculer les marées, les annuaires de marées regroupent pour des ports de références toutes les valeurs de hauteur d’eau aux différentes heures, obtenues par calculs et observations de marégraphie, présentées sous forme de tableaux et d’abaques. Nous aurons juste à appliquer des corrections pour le lieu précis où nous naviguons.
Le tirant d’eau quasi nul d’un kayak rend l’utilisation des ces outils assez simple.
La hauteur d’eau est un nombre décimal positif exprimé en mètres au dessus du zéro hydrographique.
Le zéro hydrographique correspond au niveau d’eau de plus basse mer rencontré en un lieu donné, aux variations météorologiques près (surtout liées au vent).
Sur une carte,le niveau zéro apparaît donc comme une ligne dite « isobathe » longeant la côte à une distance variable.
Du côté mer de cette ligne (en bleu sur les cartes SHOM) on est sûr de pouvoir naviguer en kayak quelle que soit la date. Un changement de couleur net rend cette ligne bien visible. Si par exemple vous trouvez sur la carte une cale qui mène jusqu’à la ligne du 0, inutile de vous creuser la tête, elle est tout le temps en eau.
Du côté terre, c’est l’estran, la partie du sol qui est périodiquement couverte ou découverte. Colorée en vert sur les cartes SHOM, elle est renseignée de nombres soulignés donnant la hauteur du sol au dessus du zéro. Cette information peut vous permettre de calculer l’heure à laquelle vous pourrez y accéder en fonction du marnage à cet endroit. (voir la règle des douzièmes plus loin). Dans la pratique, regardez plutôt où sont les mouillages des petits bateaux dépourvus d’annexe, ce sont les endroits qui découvrent le moins.
Pratique aussi, surtout pour planter sa tente, la ligne dite de côte correspondant à la limite de l’eau lors de la plus haute marée enregistrée au lieu dit. (On passe du vert au brun sur les cartes SHOM)

Attention :
Le 0 hydrographique mathématiquement le plus logique aurait été le niveau à mi-marée qui est indépendant du coefficient de marée, mais cette référence entraînerait des calculs dans de nombreux cas. Il n’est jamais exclu de tomber sur une carte de ce type, notamment dans les musées...
Probablement sur les mêmes cartes, il est possible de rencontrer des hauteurs d’eau indiquées en Fathoms (Abréviation Fm, traduit par Brasses en français) qui font 1,8288 m soit six pieds, soit à peu près l’écartement des deux bras permettant de relever rapidement une profondeur à l’aide d’une corde lestée. Sympa en kayak...

Exemple: Un jour à St Nazaire on observe un coefficient de 91 et une hauteur de 5,8 mètres à 3h 49. Alors qu’à Brest, soit à 300 Km, avec un coefficient identique, la marée atteignait une hauteur de 6,9 mètres à 3 h 59. A Paimpol à environ 150 Km de Brest où le coefficient est aussi de 91, elle était haute de 10,6 mètres à 5 h 56.
Dans ces trois ports le coefficient de marée était de 91. Pour résumer voici les observations que l’on a pu faire le même jour :
Ville
Distance de Brest
Hauteur de la pleine mer
Heure de la pleine mer
Brest
0
6,9m
3h59
St Nazaire
300km
5,8m
3h49
Paimpol
150km
10,6m
5h56
On constate que pour le même coefficient, l’heure et la hauteur de la pleine mer sont différentes... « Bravo ! »

Présentation des coefficients de marée, les fameux coef ! :
Les coefficients de marée sont calculés pour le port de Brest et considérés comme identiques sur les côtes atlantiques et de la Manche car l'onde de marée est faiblement perturbée.
Le coef 100 a été pris pour représenter la valeur moyenne du marnage pour les marées de vive-eau d'équinoxe, soit 6,1m à Brest
Les coefficients dits de « vives eaux » vont de 70 à 120 (V.E. sur certaines annuaires).
La mer monte alors beaucoup et descend beaucoup aussi.
La moyenne, 95 est dite marée de vives-eaux moyennes.
Les coefficients dits de « mortes eaux » vont de 20 à 70 (M.E. sur ces mêmes annuaires).
La mer monte et descend moins.
La moyenne, 45 est dite marée de mortes-eaux moyennes.
Ce vocabulaire date de l’époque où peu de marins savaient compter, mais est encore très utilisé maintenant.

Exemple : Cela signifie qu'à Boulogne par exemple, pour un coef’ de 33, la marée basse atteindra une hauteur de 2,5 mètres et la marée haute 6,8 mètres alors que pour un coef’ de 110 elle baissera jusqu'à 0,9 mètre et montera à 9,3 mètres.

La règle des douzièmes :
Si la mer monte et descend, elle ne le fait pas de façon régulière. C'est un peu comme certains qui commencent leur journée. Ils démarrent doucement puis quand ils sont disposés, chauds, ils en mettent un bon coup. Puis avant la fin de la journée, ils ralentissent histoire de ne pas en faire de trop ou de dire qu’ils en ont fait assez avant. Pour descendre, la mer refait aussi la même chose, selon un cycle pseudo sinusoïdal. (NDLR : J’ignorai totalement que j’étais pseudo sinusoïdal.)
Voici deux explications imagées de cette particularité :
La marée se lance en première donc elle ne va pas très vite puis passe en seconde et prend de la vitesse pour passer la troisième à mi-marée. Pour conserver le contrôle elle lève ensuite le pied pour ajuster et atteindre l'étale suivante à l'heure précise.
C’est aussi comparable à une glissade sur des montagnes russe, ça va vite en descendant et l’élan atteint s’essouffle en arrivant aux sommet de la montée suivante
Et un peu de vécu :
-« Il faut environ 12 heures pour un cycle complet, soit environ 6h de montante et 6h de descendante. Comme il n’y a pas de congé pour la mer c’est tous les jours pareil ! »
-«  Oui mais à grosse marée, il y a beaucoup d’eau à bouger alors que à petite coef c’est le contraire, comment fait-elle? »
-«  En fait, par petit coefficient ou par mortes-eaux, 12 heures sont de trop pour déplacer peu d'eau. Alors la mer attend à la marée haute ou plein mer (PM) ou basse mer (BM). On dit alors qu’elle est à « l'étale » cette renverse très lente donne l’impression qu’il ne se passe rien sur la hauteur de l’eau. Quand c’est en vives eaux (ou lune montante pour les jardiniers) les volumes d'eau à déplacer sont alors plus importants, donc ça prend plus de temps et il n’y a alors presque plus d’étale. Dans ce cas, la mer redémarre le cycle inverse donc renverse sans attendre .»
- Mode opératoire :
Dans les zones à fort marnage, il faut être vigilant quand les coefficients sont forts, même avec nos petits bateaux au tirant d'eau très faible que nous pouvons toujours porter à pied sec. En effet si l'eau était près du parking quand nous avons embarqué à marée haute, il se peut bien qu’un désert de sable ou de vase , ou un mur de galets .se présente entre nous et le rivage quelques heures plus tard pour agrémenter notre retour ! Il est donc important d’être familiarisé avec les systèmes de marée et de bien se souvenir que la variation de hauteur d'eau est plus rapide à mi-marée.
Estimation de la hauteur d’eau par apport à un horaire :
Entre marée haute et marée basse, il se passe environ 6 heures.
Comme la variation de hauteur d’eau n’est pas régulière, on diviser sa variation en 12 parts égales au lieu de 6.
Première heure : 1/12 de la hauteur
Deuxième heure : 2/12 de la hauteur
Troisième heure : 3/12 de la hauteur
Quatrième heure : 3/12 de la hauteur
Cinquième heure : 2/12 de la hauteur
Sixième heure : 1/12 de la hauteur
Soient 1/12 +2/12+3/12+3/12+2/12+1/12= 12/12 !

Gérer la marée: Si la mer est entre autres sous l'influence de la lune et du soleil, ce qui va vraiment nous intéresser, c'est de savoir s'il y a de l'eau à l'endroit choisi et son sens de circulation :
Concrètement, un exemple : J'embarque aujourd'hui d'une cale, et il est maintenant pleine mer plus 4 heures avec un marnage de 6 m (différence de hauteur entre pleine et basse mer). Avant de m'éloigner, je mesure la profondeur de l'eau au bout de la cale en trempant ma pagaie verticale dans l'eau. Résultat : environ 1 mètre d'eau. Je sais que sur la 5è et la 6è heure de marée, l'eau va descendre de 3/12 du marnage, soit 1,5m. Autrement dit, à marée basse, l'eau sera 50 cm en dessous de la cale, c'est à dire relativement loin dans la vase !.. Beurk ! Pas de panique, il suffira d'arriver 1 heure après la marée basse, l'eau aura remonté d'1/12 de marnage, soit exactement les 50 cm dont j'ai besoin. Voilà, je dispose de 2 heures de descendante plus 1 heure de montante pour me balader. Trop bien, surtout si la nuit ne tombe pas avant ! Rassurons les lecteurs effrayés, au début on se fie aux copains, et au bout d'un moment, on n'a même plus besoin de faire le calcul, le célèbre pifomètre se charge de tout, avec quelques sympathiques ratés pour animer les conversations à la veillée.

Remarque :Vous avez compris que si cette préparation n'est pas indispensable sur tous les programmes, elle le sera en cas de navigation sur les zones à fort marnage ou pour débarquer sur la rive des estuaires (pour éviter la vase), ou encore dans des baies qui découvrent à marée basse ou encore par rapport à des pointes rocheuses submersibles qui imposent de longs détours à marée basse

Mode opératoire : Si vous n'êtes pas équipé d’un annuaire du SCHOM pour les marées ou de l’almanach du marin breton, vous en trouverez un au bureau de tabac du site de navigation. Sinon c’est dans le journal du coin ou à la capitainerie, car l’annuaire du pêcheur de moules de Pénéstin ne convient pas à St Malo. Sur internet vous trouverez les marées exactes pour pratiquement tous les embarquements, ce qui vous évitera d’appliquer les correctifs par rapport à l’annuaire du port de référence.

Variables: L’annuaire de marée est précis, mais calculées à une pression atmosphérique moyenne et évidemment sans tenir compte du vent. La réalité observée sur place peut révéler quelques variations du fait des nombreuses interactions entre les éléments vues précédemment.
Le vent peut influencer la marée en l’avançant ou en la retardant et en modifiant les hauteurs d’eau.
Les vagues et la houle se chargent de mouiller la côte beaucoup plus haut que le niveau théorique de marée haute.
Dans les estuaires, en fonction du débit du fleuve des différences peuvent se faire sentir. Des compléments d’informations sont disponibles à la capitainerie.